dimanche 21 avril 2013

Simeon Solomon

Simeon Solomon

(Londres, 1840 - 1905)

 
 
Simeon Solomon est un peintre préraphaéliste. Ses tableaux s'inspirent des primitifs italiens, et il a le souci du réalisme et des couleurs vives. Il a une prédilection pour des thèmes liés à la littérature, la poésie ou encore la mythologie.

 
 Le langage érotique des tableaux de Solomon était audacieux, si on le compare
 avec les oeuvres décoratives de ses compagnons de route, les préraphaélites.
 

 
Oscar Wilde, disait de lui qu'il était un étrange génie et possédait des originaux; il raconte d'ailleurs dans De Profundis, le désastre de ses biens dispersés et vendus à vil prix et insiste sur la perte des tableaux et des dessins " Que tous mes beaux objets aient du être vendus, mes dessins de Burne-Jones, mes dessins de Whistler, mon Monticelli, mes Simeon Solomon..."
 

En 1873, il est accusé d’outrage à la pudeur par la morale victorienne et condamné à dix-huit mois de travaux forcés. En 1874 a été arrêté de nouveau à Paris, pour des faits analogues et condamné à trois mois de prison. Il devint alors un paria social, rejeté par ces anciens amis. Il tomba en dépression et s’adonna à l’alcool. Il meurt en 1905.




dimanche 31 mars 2013

Joyeuses Pâques

     "Lorsque le jour du sabbat fut passé, Marie Madeleine et Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent parfums, pour venir embaumer Jésus. Et le premier jour de la semaine, étant partie de grand matin, elles arrivèrent au sépulcre au lever du soleil. Elles disaient entre elles: qui nous ôtera la pierre de devant l'entrée du sépulcre? Mais, en regardant, elles virent que cette pierre, qui était fort grande, en avait été ôtée, et, entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme assis au côté droit, vêtu d'une robe blanche, dont elles furent fort effrayées. Mais il leur dit: Ne craignez point; vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié; il est ressuscité, il n'est point ici; voici le lieu où on l'avait mis"  
      Evangile selon saint Marc
              
 
 
La Résurrection du Christ - Matthias Grünewald             
 
 
 
         
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mardi 19 mars 2013

Death and Birth


      At the beginning we see only a large feathered hat in the first row of the audience. Slowly, with great difficulty, a ghostly theatrical star rises and to a background of Maria Callas singing “Manon Lescaut”, clumsily makes her way toward the stage. Heavily made up, covered with lace, she clings desperately to the illusory thread of life, and turns as if to cast a last glance upon her past before staggering onto the stage, quietly ascending towards death. She covers the ground with her cape and gently lies down upon it to die.
    Death is followed by birth: the old woman recalls her childhood and is transformed into a young girl-La Argentina-who throws herself joyfully into youth and life.

samedi 2 février 2013

jeudi 31 janvier 2013

"Son œuvre a l'évidence et la force d'une rumeur immémoriale qui mêle
  les instants et les corps. Qui réinvente l'éclair sombre des destinées."  
                                                                                                 ANDRE VELTER

 
Parce que les images qu'on nous donne de cette guerre sont techniquement parfaites, mais insignifiantes par elles-mêmes, Velickovic prend le risque d'en créer d'autres, technologiquement "imparfaites", mais réellement parlantes, parce que chargées de cette électricité particulière qu'est la "volonté de sens". "La télévision n'est pas un moyen d'expression", disait Godard, dès 1962, aux Cahiers du cinéma. Il ajoutait : "La preuve, c'est que, plus c'est idiot, plus c'est fascinant, plus les gens restent immobilisés sur leurs petites chaises". La télévision, qui est devenue, depuis le début des années soixante, le modèle absolu de l'image, puisqu'elle s'est répercutée jusque dans la façon de faire des tableaux, chez Warhol et Schifano, mais aussi, depuis le Pop, chez beaucoup d'autres, n'a pas empêché les peintres et les cinéastes de continuer à peindre des tableaux, à tourner des films où les images ne sont pas données d'avance, mais créées, pensées, recherchées, travaillées comme des esquisses, des brouillons de textes : à partir de zéro, ou de presque zéro.
 
 
Il faut toujours rappeler les choses les plus simples : le dessin, contrairement à la télévision, n'est pas un moyen de transmission, mais un moyen de création. Il n'est pas destiné à fasciner immédiatement le regardeur, mais à le faire réfléchir, à l'inciter à penser par lui-même. C'est aussi la raison pour laquelle Velickovic n'a cessé de continuer, sans relâche, sans jamais se décourager, à peindre et à dessiner. C'est pour cette raison initiale qu'il a accompli une œuvre qui, par sa puissance de trait et de jet, son impulsivité, son pouvoir spécifique d'expression, dépasse non seulement le système de transmission d'informations spectaculaires, mais chacune de toutes les images diffusées chaque jour, dans le monde entier, par tous les médias : techniquement parfaites, de plus en plus parfaites, puisque de plus en plus souvent numérisées, donc infiniment manipulables et privées de toute véritable volonté de sens autre que celui de la propagande (non-dite) et la publicité (avouée).
 

" Les éléments de base d'une peinture se trouvent profondément accrochés quelque part dans l'homme lui-même. Le tempérament, le caractère, l'optique, la vision portée sur l'environnement, sur les événements, le bagage hérité de l'enfance, l'histoire toute bête (et méchante) qu'elle peut être et qui fait, malgré nous, partie de notre quotidien. Cette histoire que nous faisons et qui nous bâtit. La violence en réalité, la réalité violente, était toujours pour moi un double imposé. Ce n'est pas moi qui ai choisi cela, du moins je le crois. La violence était là, présente, pesante, effrayante, en tenue de combat, en état de guerre et en état d'après-guerre. Forte en rafales de mitraillettes et aussi forte en rafales de mots d'ordre. J'appartiens à une génération qui a joué avec la violence (et sous la violence), qui a grandi sans que ça change pour autant, et qui vit aujourd'hui en regard de cette monstruosité. On se réveille avec, on se couche avec.
Est-ce qu'on peut la rejeter, ne pas la voir, y rester insensible ?
Elle s'introduit sous la peau, elle est là, résistante, toujours
renouvelée, pas très imaginative, à vrai dire, chiante.
Quoi faire ? S'occuper d'elle, vivre avec, en tout cas on ne peut lui échapper.
Se battre avec ? Inutile de négocier.
La peindre. Encore plus cruelle, plus ensanglantée, impitoyable.
La faire voir.
Mettre en images cet homme décapité, anonyme, fuyant, poursuivi par différentes agressions, parfois agresseur lui-même. Toute cette peinture est un échange perpétuel d'agressions. On agresse une toile, elle renvoie l'agression en forme d'image. Entre les deux, vous essayez de vous débattre et, comme dit Alain Jouffroy, "derrière toute image, il y a une guerre réelle". Je suis entièrement dedans, dans cette guerre qui continue d'image en image. Elle me concerne, elle fait partie de mon quotidien. Je n'essaie pas de fuir. J'admets que la peinture peut être différente, et même à l'opposé, mais pour moi, je ne l'ai jamais considérée comme un 'fauteuil confortable", selon l'expression de Matisse. Peut-être une question d'engagement ? "                                   
                                                                                                 VLADIMIR VELICKOVIC



 
 
 
"L'œuvre de Velickovic ne cesse de s'imposer à nous avec la force et la mesure d'un art qui s'emploie à traiter et à s'élever de cet abîme infini, où plongent les racines de notre espèce, le corps physique et la violence qui fait la vie. "
MARCELIN PLEYNET